Si vous vivez sur une autre planète, vous avez peut être échappé au battage médiatique suite à une scène filmée au Salon de l’agriculture le weekend dernier. A un homme qui lui avait dit « ne me touche pas, tu vas me salir », notre Sarko Président lui avait répondu « casse-toi, pauvre con »… Mais si vous vivez en France, il n’y a pas eu moyen de passer à côté de cette information... capitale ! Certes, c’était bien nul de la part de Sarkozy de se laisser aller à un tel langage. Certes, cette conduite n’est pas acceptable de la part d’un Président de la République. Certes, il fallait que ce soit dit dans la Presse, et que Sarko puisse s’excuser publiquement… Mais pour autant, les médias devaient-ils en faire autant ? On entend plus que ça dans tous les journaux, flashs d’info radio et news télévisées depuis 3 jours, et tout le petit monde politique y va de son petit commentaire, qu’il soit pro ou anti Sarkozy ! Alors, pour ne pas répéter ce qu’on a déjà trop entendu, j’aimerais juste amener un autre éclairage sur cette affaire :
Tout d’abord, qu’en est-il de l’homme qui a provoqué cette réaction ? Manifestement, il a continué son chemin. Mais il a quand même insulté le premier homme de l’Etat et tombe ainsi sous le coup des articles 23 et 26 d’une loi de 1881. Celle-ci définit l’insulte au Président comme « toute imputation diffamatoire de nature à atteindre le président dans son honneur ou sa dignité, toute expression outrageante, terme de mépris ou invective… ». Sous d’autres régimes, Chirac, Mitterrand, Pompidou ou autres, cet homme aurait certainement été poursuivi en justice… Mais là, rien ! J’en suis un peu étonné car je ne m’imagine pas dire la même phrase à un policier ou un gendarme ! Je serai en effet passible d’au mieux quelques mois de prison avec sursis, comme ce qui arrive souvent à des jeunes de banlieue ! Or, le chef de l’Etat a un statut judiciaire similaire aux forces de l’ordre…
Autre point qui m’ennuie dans cette affaire, c’est que Sarkozy a fait un discours important lors de ce salon de l’agriculture. Il devait y parler de la culture des OGM, des aides à la culture BIO, des problèmes de pesticides tuant les élevages d’abeilles, de la pollution générée par les élevages intensifs de porcs… mais au final, aucun écho dans la presse. Rien n’a filtré car tous les « créneaux d’infos » étaient pris par cette petite phrase… phrase que, je le répète, je ne veux pas minimiser.
Mais soyons sérieux, quasiment tous les organes de presse ne s’intéressent qu’à la forme et écartent le fond. Et quand le sensationnel prend le pas sur l’information, moi, ça a tendance à m’inquiéter sérieusement...